Du Blues wallon


Parmi les nouvelles voies que les auteurs et compositeurs wallons ont choisi d’emprunter, on compte indéniablement celle du blues. Étonnant de retrouver dans notre patrimoine culturel wallon ce style musical propre aux populations afro-américaines et aux immigrés de la fin du 19e siècle ? Pas tant que cela ! Ce genre, imaginé au départ par des gens de basse condition, servait à exprimer les tristesse et les déboires qu’ils vivaient quotidiennement… Après sa popularisation mondiale (surtout après la guerre 1940-1945), le blues plut aux ouvriers wallons, qui y retrouvèrent parfois leurs propres sentiments. De là à l’adapter à notre langue, il n’y avait qu’un pas, que certains ont fait, et parmi eux, Elmore D.

(c) Jerome de Perlinghi – http://www.elmored.be

Elmore D, ce n’est plus vraiment un secret aujourd’hui, c’est le pseudonyme que s’est choisi Daniel Droixhe, professeur émérite de l’Université libre de Bruxelles et membre de l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique.

Si la carrière académique du dix-huitiémiste est brillante (on lira sa présentation sur le site de l’Académie), la carrière musicale l’est tout autant et, tout aussi curieux que cela puisse paraître, l’une n’a jamais nui à l’autre.

Cette carrière musicale, Daniel Droixhe la place d’emblée sous le signe du blues, qui le séduit littéralement dès les années 1960… mais aussi parfois sous le signe du wallon et de sa région natale : la Basse-Meuse. Basse-Moûse Blues, titre du premier album, est un clin d’œil évident.

Et peu à peu, le wallon prend toute sa place dans l’œuvre discographique d’Elmore D. Les premières chansons composées en wallon apparaissent dans son deuxième album, Saturday night rub, et le wallon s’épanouit dans ses compositions jusqu’au cinquième album Grandiveûs, exclusivement wallon, paru en 2009. De sa voix puissante et rugueuse, il se fait le porte-parole des gens de la rue, des gens du peuple, des quartiers populaires, où on n’a pas peur de dire les choses. Sa poésie simple parle avec des images drues, mais c’est ainsi qu’il touche directement au cœur de ses auditeurs.

elmore-dRécemment, Elmore D a réalisé un sixième album : Back to Hèsta. Cette œuvre familiale, faite avec son fils, évoque plusieurs anecdotes dont l’action est profondément ancrée en bord de Meuse… Back to Hèsta, titre éponyme, résonne comme un souvenir d’enfance…

Dans le blues de Elmore D, ce qui est le plus beau, c’est que le langage de chez nous tend vers l’universel, et qu’il n’est plus une barrière pour ceux qui ne le pratiquent pas : les amateurs de jazz y savourent également la musique et un texte (parfois sous la forme de traductions) qui dit les misères et les angoisses, les tristesses de chez nous… Des tristesses qui font écho à celle d’ailleurs, au vu des multiples critiques élogieuses que l’opus a reçues. L’accueil des chansons d’Elmore D est d’ailleurs aussi grand (voire plus grand) en Flandre qu’en Wallonie.

(c) Michel Verlinden – http://www.comblainjazzfestival.be

Le CD est disponible au prix de 20 € dans les points de vente mentionnés ici ou sur la librairie sonore.

On recommande également le site extrêmement bien fait de Elmore D, dans lequel on retrouve toutes les dates des concerts à venir.

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