Un « nouveau » dictionnaire liégeois


Cette semaine, les éditions Noir Dessin publient un nouveau dictionnaire liégeois. Ce dictionnaire, réalisé par Simon Stasse, a été largement diffusé dans les médias francophones belges. Nous vous présentons à notre tour ce nouvel outil qui viendra en aide à tous les amoureux du wallon.168-cover-dico-stasseCe dictionnaire est en fait la troisième édition de l’ouvrage, une édition augmentée et actualisée. Les deux premières éditions, réalisées en 2004 et 2007, avaient été moins largement médiatisées.

Comme l’auteur le précise lui-même dans son introduction, l’ouvrage n’a pas la vocation de remplacer les dictionnaires qui l’ont précédé mais plutôt de les compléter. Avec cette simple phrase, Simon Stasse se protège des critiques que l’on pourrait faire à son manque d’originalité. Il est vrai que l’ouvrage reprend une structure lexicographique fort proche de son modèle, le dictionnaire liégeois de Jean Haust. Les mots les plus anciens reprennent parfois mot pour mot les explications et les exemples du maître.

Certains iront alors jusqu’à s’interroger sur le mérite de Simon Stasse, alors que le dictionnaire de Jean Haust est toujours édité et vendu par le Musée de la Vie wallonne. Notre avis est tout autre : on ne peut décemment pas envisager de réaliser un dictionnaire wallon liégeois sans s’inspirer grandement de Jean Haust. Et ce pour plusieurs raisons :
(1) sa structure lexicographique est extrêmement riche et permet à l’ouvrage d’être bien plus qu’un simple lexique wallon-français. Il tend à l’encyclopédie wallonne, avec moults détails. C’est d’ailleurs la structure reprise dans d’autres ouvrages en Belgique et à l’étranger (voyez par exemple le dictionnaire des parlers de Bastogne de Michel Francard – en ligne ici).
(2) le dictionnaire repose sur une large documentation livresque et reprend les données des principaux dictionnaires liégeois, comme celui de Forir.
(3) le dictionnaire repose également sur une large documentation orale accumulée au fil d’enquêtes sur le terrain.

Mais, malgré tous les mérites du dictionnaire de Jean Haust, on ne peut plus se contenter de celui-ci. La raison en est toute simple : ce dictionnaire a aujourd’hui plus de 80 ans. Si l’on transpose cette situation à la langue française, elle en devient burlesque : pourrait-on imaginer un seul instant employer un Larousse ou un Robert de 1933 comme seule et unique référence pour décrire notre société contemporaine en français ?

En bref, ce dictionnaire présente de nombreux avantages : destiné à un public actuel, il est facile d’usage. Il a une vocation démocratique, autant que possible. Il a l’avantage de proposer les différentes graphies d’un même mot, aux diverses entrées de l’ordre alphabétique, ce qui facilite nettement l’utilisation du dictionnaire.
Enfin, l’éditeur semble vouloir actualiser régulièrement le contenu de ces pages et y ajouter de nouveaux mots. Espérons que ce souhait sera réalisé conformément à l’ensemble du dictionnaire et que l’on veillera à ne pas abâtardir la langue wallonne en y transposant des tournures ou des mots français.

Le dictionnaire est en vente auprès de Noir dessin, et dans toutes les librairies, au prix de 30 €. Attention, il n’est disponible qu’en 500 exemplaires…

La version 2004, publiée par la Société La Wallonne, est consultable en ligne.

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