Kriegscayès


Couverture_publication_Kriegscayès-72DPIParmi tous les ouvrages publiés à l’occasion des commémorations de la guerre 1914-1918, en voici un qui, je l’espère, retiendra autant votre attention qu’il n’a retenu la mienne : les « Kriegscayès » : la Grande Guerre des Rèlîs Namurwès, édité par les Rèlîs Namurwès et la Société Archéologique de Namur.

D’emblée, le titre nous interpelle. Quel surprenant contraste de désigner par un terme bilingue allemand-wallon une somme d’écrits évoquant une période de conflit entre l’Allemagne et la Belgique ! C’est sous ce terme que les Rèlîs de la première génération avaient choisi de rassembler les écrits wallons dans lesquels ils exprimaient leurs sentiments, leurs émotions, leurs récits de vie durant la guerre de 1914. La simple évocation de ce titre ne donne-t-elle pas d’ores et déjà un aperçu du ton à la fois résistant et ironique des écrits ?

Cent ans plus tard, en 2015, les manuscrits de l’époque sont toujours précieusement conservés par les Rèlîs Namurwès. Bien mieux, avec ce livre, ils nous offrent de pouvoir les lire et les comprendre. Car ce n’est pas simplement à une transcription que les éditeurs de cet imposant ouvrage collectif se sont astreints, c’est surtout à une édition et à une étude des textes.

Et la découverte de ceux-ci s’avère très riche car chacun des écrivains a vécu « sa » guerre : les uns sont restés à Namur et ont supporté la présence de l’occupant, les autres sont partis au front de l’Yser et ont vécu les combats et les tranchées, d’autres ont été déportés, d’autres encore ont été exilés… L’un d’entre eux, Georges Pelouse, trouva la mort au Nord de Ypres en 1918.
Mais, durant toute la guerre, leur souhait de demeurer Rèlî ne s’est pas estompé : tous ont transcrit, dans un wallon soigné, leurs émotions, non sans parfois employer un humour particulièrement nécessaire face aux atrocités qu’ils vivaient.

Ces regards croisés ont, en outre, un intérêt documentaire. Au plus proche du vécu des gens du peuple, ils fourmillent d’informations et complètent les sources officielles écrites en français, permettant aux historiens de mieux comprendre le quotidien de l’époque.
Notons encore que cet ouvrage compte de précieuses collaborations de contributeurs de renom : Joseph Dewez, président des Rèlîs Namurwès, revient sur l’histoire des Rèlîs, Paul Delforge, directeur de l’Institut Jules Destrée, rétablit le contexte dans lequel les membres des Rèlîs s’inscrivent, Laurence Van Yperzele, professeur de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, décrit plus précisément quatre parcours de Rèlîs durant la guerre, Jean Germain, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve, se penche sur la perception de la captivité chez Wartique et Thirionnet, Axel Tixhon, professeur de l’Université de Namur, évoque les liens entre la nourriture (ou plutôt l’absence de nourriture) et la langue wallonne, Pierre Manil, professeur à la Haute école de Charleroi, étudie l’emploi de l’humour dans les écrits.

Enfin, cet ouvrage a été édité par Bernard Louis et Joseph Dewez avec le souci de respecter fidèlement les écrits originaux – mises à part quelques corrections orthographiques nécessaires, mais également de les transmettre au mieux à un public pas forcément initié. C’est pourquoi chaque texte est traduit et commenté.

L’ouvrage est en vente au prix de 30 € auprès du Musée provincial des Arts anciens du Namurois, rue de Fer, 24, Namur 5000. On peut également l’obtenir par téléphone au 081/22.43.62 ou par courrier électronique : soc.arc.namur@scarlet.be

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